Mardi gras

Mardi gras :

Quelques attributs du personnage:

L'apertintaille : les binchois de vieille souche le considèrent plutôt comme un substantif du genre masculin. Ils ont oublié que le mot était à l'origine féminin. Apertintaille signifie ornement de robe. L'encyclopédie du bon Français dans l'usage contemporain signale que ce mot prétentaine se rapproche plus probablement du normand pertintaille d'où collier de cheval garni de grelots.
Le masque de gilles : au départ le gille est un personnage masqué. Pendant le XIXème siècle, le gille porte le masque le Mardi gras avant-midi. Un dessin daté de 1890 montre un gille coiffé de son chapeau à plumes et portant son masque de toile imprégnée de cire, aux lunettes vertes de bourgeois ou intellectuel, aux épais favoris, à la moustache aux pointes élégantes. Après la guerre, le chapeau c'est modifié et c'était difficile de garder le masque l'après-midi en même temps. Le masque est fabriqué par un artisan binchois Jean-Luc Pourbaix, qui utilise de la toile de coton dont il dépose un carré sur la face du moule tandis qu'un autre carré est encollé de chaque coté. L'ensemble est passé à la presse, l'artiste dessine les sourcils, les favoris, la moustache et la mouche et retouche au pinceau avec une grande habilité.
Le masque sera prolongé dans de la paraffine et puis dans l'eau qui fait briller la cire et donne au masque un vernis de grande qualité. Il reste alors à touer les cavités des prunelles des yeux, les narines et la bouche. Il ne restera plus qu'à adapter les liens élastiques qui maintiendront le masque sur le visage du gille. Cette fabrication s'effectue sur plusieurs jours.
Le ramon : avec le temps le ramon s'est transformé. Il a perdu son manche, on a réduit son poids et son volume. Les ramilles de bouleau étaient maintenues par deux liens qui le laissaient s'évaser vers le haut.
Le ramon est lancé avec civilité à l'ami que l'on aperçoit dans la foule du Mardi gras ou à toutes personnes que l'on veut honorer. C'est un geste d'amitié, de courtoisies joviales dont s'enorgueillit la personne ainsi distinguée. Le remon est devenu aujourd'hui l'accessoire spécifique du danseur, sa rusticité s'accorde très bien avec le costume du Gille. Pour la fabrication du ramon, il faut du bois séché après avoir rassemblé une vingtaine de branchages, le fabricant introduit les extrémités des éclats de bois du coté des branches les plus grosses et au centre de l'assemblage. L'extrémité de l'éclat de bois ressort par la face opposée. Une traction sur l'autre extrémité la maintient entre les branches. On répète diverses opérations du même genre pour arriver au ramon. Pour le terminer, il faut retenir le bois avec trois ligatures pour former enfin le ramon final.


Déroulement de la journée :

Mardi à l'aube, les gilles se préparent pour une longue journée. Ils attendent avec impatience que le bourreur arrive, la femme vérifie que tous est près pour habiller son gille, …
Enfin le bourreur arrive, voilà que commence la cérémonie, on peut enfin commencer. Les gestes habituels sont : de froisser la paille pour en faire des torquettes, celles-ci seront placer avec soin en dessous de la blouse qui formeront les deux bosses.

Le bourrage terminé, l'épouse achève les préparatifs. Elle met la collerette sur les épaules et attache le nœud à celle-ci, met la barrette (le bonnet blanc), puis elle appliquera le mouchoir de cou plié d'une façon traditionnel. Les hanches du gille seront entourées de l'apertintaille. Enfin, il ne restera plus qu'à mettre en place le grelot sur le plastron de la blouse.
Lorsque les autres gilles viennent chercher leur partenaire, celui-ci lui offrira une coupe de champagne. Ce sera l'occasion de danser au son des tambours et d'un pipeau ou d'une flûte au levé du jour.
Pour tous les binchois se sont les plus belles heures de toute la journée.
Vers 8h00, les groupes se rassemblent dans le haut de la ville pour former la société au complet. En guise de petit déjeuner, une assiette d'huître ou de saumon fumé sera servie dans un restaurant pour ceux qui veulent suivre les traditions.
A partir de là vient la descente vers le centre ville pour se rendre à l'Hôtel de ville pour la remise des médailles.
Il sera environ 10h00 quand ils arriveront au bas de la ville et dès lors les gilles mettent leurs masques. C'est ainsi qu'ils ont tous un airs mystérieux, tous issus de la même origine, …
Lorsque que chaque société arrive devant l'Hôtel de ville, elle font un rondeau avant d'entrer chacune à leur tour dans la salle de mariage de l'Hôtel de ville en attendant que la précédente sorte.
C'est ensuite l'heure de la dislocation, chaque gille se fait raccompagner par un tambour chez eux.
Mardi après-midi, vers 15h00, Le cortège démarre en haut de l'avenue Charles Deliège, c'est à ce moment que l'on pourra admirer les beaux chapeaux ainsi que leur panier en osiers remplis d'oranges au vin. Les gilles puisent dans leur panier des oranges pour les offrir à des personnes ou les lancer dans la foule de visiteurs tout au long de la grand'rue. Les mains pressantes pour obtenir une orange d'une gille ne sont pas manquantes.
Le gilles tend alors son panier vers ces visiteurs pour expliquer le fait qu'il est interdit de relancer les oranges aux gilles.
Les sociétés évoluent l'une à la suite de l'autre, au son de la musiques et des tambours en direction de la Grand'place. Là, toutes les musiques et les tambours se rassemblent au milieu de la place afin de jour pour tous les gilles, ceux-ci dansant en rondeau.
Toute les gilles se regroupent dans leur société pour reprendre le cortège du soir qui se finira par un immense feu d'artifice se déroulant sur la Grand'place.
Vers 23h00, les derniers rondeaux du Carnaval, en musique, tout comme le Dimanche gras à pareille heure. Après l'arrêt des cuivres, il ne restera plus que le son des tambours à travers la ville.
Le carnaval prend souvent fin vers 5 ou 6h00 du matin du Mercredi des cendres.